Nous sommes au Cameroun, je visite la ville de Buea, notre silicon mountain avec ses startups. Comme d’habitude mes Ami Fritz Ekwogue et Churchill m’ont préparé un super tour de la ville afin que mon Ami Martin puisse découvrir les talents locaux. Cependant une question habite mon esprit: Pourquoi nous n’avons pas beaucoup de joueurs dans l’Agro-Tech?

Je pose la question à mes amis qui me disent que l’absence d’un éco-sytème financier et de mentors autour des entrepreneurs limitent l’espérance de vie des startups. De ce fait les quelques startups qui existaient sur l’Agriculture à Buéa ont soit changé de business model, soit ont fermé. Pourtant les chiffres et le potentiel sont restés intacts.

Importance de l’Agriculture au Cameroun

​Le Cameroun a déjà franchit les 20 millions d’habitants

  • La pénétration d’internet au Cameroun avait déjà dépassée les 20% en 2017
  • Les populations sont de plus en plus nombreuses en ville. Elles désertent les villages où l’on ne trouve plus de main d’oeuvre à bon marché

A lire Aussi : Quelles solutions pour la crise des villages en Afrique

  • Les foyers de tensions et de guerre dans la région de l’Afrique centrale limitent la production de certains bassins de production ce qui créent des tensions au niveau de la distribution de certaines cultures vivrières
  • L’agriculture est une des priorités du gouvernement du Cameroun et les organisations internationales tels que la Banque Mondiale continuent de financer les projets Agricoles au Cameroun

34% des Africains appartiennent à la classe moyenne

En bref, les entrepreneurs technologiques du Cameroun, devraient en fait développer plus de technologies pour aider l’agriculture à se développer notamment grâce aux données et aux nouvelles technologies.

Mais pourquoi malgré ces attraits les entrepreneurs ne se lancent pas?

Derrière ses opportunités se cachent plusieurs réalités que nous avons pu observé à travers notre Food Lab de Mbankomo, où nous faisons une série de tests.

L’insertion professionnelle : Le Cameroun dispose de plusieurs institutions de formation de qualité. Cependant les difficultés d’insertions des étudiants post-diplômes sont à optimisées. Il est pas évident de recruter des stagiaires pourtant l’offre de stagiaire est grande.

Les infrastructures routières en mauvais état qui ne facilitent pas la circulation des hommes et des marchandises

A lire : Des mauvaises routes mais une bonne connexion Internet

La couverture internet n’est pas encore complète sur l’ensemble du territoire malgré de bon progrès. Il faut dire ici que internet et électricité vont de pair. Il nous est arrivé plusieurs fois d’avoir internet mais pas accès à l’électricité pour charger les modem. Le solaire est définitivement une opportunité.

600 millions d’africains n’ont pas d’accès régulier à l’électricité. Source BNP

Les difficultés d’accès aux résultats de recherche

Lors d’une réunion de travail à Yaoundé avec des fonctionnaires agricoles, nous avons émis le souhait de rentrer en possession des recherches et des chiffres sur le cacao au Cameroun. Nous pensions en fait que le Ministère de l’agriculture ne disposaient pas de chiffres sur les niveaux de production, la qualité des sols etc…Nous avons été surpris (agréablement) de nous rendre compte que de nombreuses recherches sont conduites dans la sous-région Afrique central. On peut avoir accès à des chiffres régulièrement. Le problème est la distribution de ces rapports.

D’abord, peu de diplômés et techniciens agricoles que nous avons employés ont une sensibilité aux chiffres et ne sont pas exposées à la rigueur des méthodes scientifiques. De ce fait lorsqu’ils vont rencontrer des investisseurs ou des entrepreneurs ils sont limités sur des questions relatives à la qualité des sols, La pluviométrie, les coûts de commercialisation etc

De plus les petits agriculteurs dans les zones rurales nous ont laissé entendre que ils n’ont pas toujours les moyens de se rendre en transport à Yaoundé pour accéder à l’information.

**Opportunité : Il est clair qu’une solution de diffusion des informations par sms ou par Whatsapp pourrait aider les populations rurales et mêmes les entrepreneurs de la diaspora.

Une étude des chercheurs des universités Harvard et Stanford aux États-Unis a révélé que des agriculteurs qui avaient reçu des sms au sujet des périodes d’entretien des plantations ont vu le rendement des plantations de sucre augmenté de 11%

Le manque d’accès au crédit, bien que cela s’améliore chaque année
Le manque de structure d’accompagnement

Innovation et Nouvelles technologies en Agriculture
Les exemples de startups à l’échelle Africaine ne manquent pas. En voici quelques exemples et la liste n’est pas exhaustive:

Farmdrive

Une entreprise Kenyane qui aide les petits agriculteurs à échanger avec des banquiers et investisseurs en leur présentant les résultats de leurs plantations dans la perspective d’obtenir des crédits. On sait que le financement de l’agriculture en Afrique est un enjeu car les investisseurs le trouve très risqué.

Une étude des chercheurs des universités Harvard et Stanford aux États-Unis a révélé que des agriculteurs qui avaient reçu des sms au sujet des périodes d’entretien des plantations ont vu le rendement des plantations de sucre augmenté de 11%

Universités Harvard et Stanford aux États-Unis
  • Le manque d’accès au crédit, bien que cela s’améliore chaque année
  • Le manque de structure d’accompagnement

Innovation et Nouvelles technologies en Agriculture

Les exemples de startups à l’échelle Africaine ne manquent pas. En voici quelques exemples et la liste n’est pas exhaustive:

Farmdrive

Une entreprise Kenyane qui aide les petits agriculteurs à échanger avec des banquiers et investisseurs en leur présentant les résultats de leurs plantations dans la perspective d’obtenir des crédits. On sait que le financement de l’agriculture en Afrique est un enjeu car les investisseurs le trouve très risqué.

Les exemples sont nombreux : Agrocenta, ZenvusWefarm, Farmcrowdy,

Les drones pour pour des cartes et mieux surveiller les champs

Les ventes de drones dans le monde progresse

Aux USA les ventes de drones ont atteint le niveau record de 170% par rapport à l’année dernière contrairement au 44% projetée par « The Federal Aviation Authority (FAA) ». Source

Le projet du CTA

Le projet du CTA, mis en œuvre de 2017 à 2019, vise à aider le secteur des services de drones à faire de l’agriculture africaine un secteur high-tech, où la prise de décision s’appuie sur la collecte et le traitement des données en temps réel, ce qui permet d’accroître la productivité et les rendements. Les activités du projet incluent un volet de recherche scientifique, des initiatives de validation de principe, le renforcement des capacités, des aides à l’investissement, le développement d’entreprise, la mise en réseau et la capitalisation des expériences. Lire la Suite

En Janvier dernier, Sesam Project et ses partenaires ont invité l’organisation P3 Permaculture à faire une mission d’évaluation des ces Food Labs du Cameroun. Le projet éducatif vise à doter les équipes locales de connaissance pour une agriculture biologique qui s’appuient sur la technologie.

Le choix technologique que nous avons fait portait sur les drones. Il faut dire que globalement le transport aérien dans le mode est entrain de se développer à la vitesse grand V. Tout récemment l’entreprise Américaine Alphabet a obtenu sa licence d’exploitation aux USA.

Amazon le leader mondial du E-commerce envisage aussi de faire des livraisons par drones. En Chine les drones servent déjà à l’acheminement de colis dans les villages.

Importance des drones dans l’agriculture en Afrique.

Les drones vont aider l’Agriculture en Afrique de manière très concrète. On peut citer entre autre applications:

  • Aménagement des exploitations
  • Calcul des superficies agricoles
  • Inspection des plantations Agricoles
  • Optimisation des rendements en améliorant la distribution des engrais, des pesticides et des nématicides

La problématique Agritech

Or, la problématique que nous rencontrons beaucoup au Cameroun est que nous pratiquons très souvent l’agriculture sur des espaces aménagés en pleine forêt. Il arrive très souvent qu’un entrepreneur achète du terrain dans un village dont il n’a réellement aucune connaissance des espèces animales et végétales. Si on revient sur notre cas, notre terrain de Mbankomo d’une superficie d’environ 1 hectare, est au milieu d’une zone forestière.

  • Le défi était donc de commencer par faire une carte avec des dimensions claires de la plantation
  • De visualiser le relief
  • De visualiser les villages des environs.

Équipé d’un drone, notre partenaire P3 Permaculture nous a permis d’acquérir des connaissances que nous n’avions pas sur l’inclinaison du terrain, le voisinage, la hauteur des arbres, etc

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